𝐒𝐨𝐮𝐬 𝐀𝐧𝐜𝐞𝐥𝐨𝐭𝐭𝐢, 𝐥𝐚 𝐒𝐞𝐥𝐞𝐜̧𝐚̃𝐨 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐥’𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐢𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐭 𝐦𝐚𝐠𝐢𝐞. 𝐏𝐞𝐮𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐬𝐚 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞 ?

Au début des années 1980, 𝐥𝐞 𝐁𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥 incarnait la beauté du jeu, celui du 𝐟𝐮𝐭𝐞𝐛𝐨𝐥 𝐚𝐫𝐭𝐞 (le football artistique et instinctif). Sous 𝐓𝐞𝐥𝐞̂ 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐚𝐧𝐚 (1980–1982, puis 1985–1986), la 𝐒𝐞𝐥𝐞𝐜̧𝐚̃𝐨 de 1982, portée par 𝐙𝐢𝐜𝐨, 𝐒𝐨́𝐜𝐫𝐚𝐭𝐞𝐬 et 𝐅𝐚𝐥𝐜𝐚̃𝐨, émerveillait le monde par un jeu fluide, libre et inventif. Ce football se vivait plus qu’il ne s’exécutait. Mais la défaite face à l’Italie de Paolo Rossi à Sarrià mit fin à ce rêve romantique: la beauté ne suffisait plus à gagner.

 

 

Actualité/Sports/Foot-Selection national

Publié le 10/10/2025 à 10:50 pm

Joseph Durandis  journaliste de caphaitiennews.com

 

 

En 1986, Santana tenta une nouvelle fois de ranimer cet esprit offensif avec Careca, Júnior et Josimar, mais la 𝐒𝐞𝐥𝐞𝐜̧𝐚̃𝐨 s’inclina en quarts de finale face à la France de Platini, au terme d’un duel entré dans la légende. Cet échec marqua la fin d’une époque et l’amorce d’un virage vers un football plus rationnel et discipliné, directement influencé par l’Europe.

 

Les décennies suivantes confirmèrent cette évolution. Sebastião Lazaroni (1989–1990) introduisit la défense à trois et la prudence tactique d’inspiration italienne. Carlos Alberto Parreira (1991–1994) et Mário Zagallo (1994–1998) imposèrent la rigueur et offrirent au pays la Coupe du monde 1994, avant de s’incliner en finale quatre ans plus tard face à la France de Zidane. Luiz Felipe Scolari (2001–2002) prouva ensuite qu’efficacité et talent pouvaient cohabiter avec un nouveau titre mondial. Dunga (2006–2010, puis 2014–2016) prolongea cette culture du travail et de la discipline, tandis que Tite (2016–2022) tenta d’unir la précision tactique européenne à l’inspiration brésilienne sans retrouver la magie d’autrefois. Le 𝐟𝐮𝐭𝐞𝐛𝐨𝐥 𝐚𝐫𝐭𝐞 s’était mué en 𝐣𝐨𝐠𝐨 𝐞𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞 (le jeu efficace et rationnel), reflet d’une 𝐒𝐞𝐥𝐞𝐜̧𝐚̃𝐨 plus structurée, mais moins spontanée.

 

Avec 𝐂𝐚𝐫𝐥𝐨 𝐀𝐧𝐜𝐞𝐥𝐨𝐭𝐭𝐢, le Brésil entre aujourd’hui dans une nouvelle ère. Premier entraîneur européen de son histoire, il incarne la volonté de marier la science du jeu à l’émotion. Ironie du destin : Ancelotti était l’adjoint d’Arrigo Sacchi lors de la finale de 1994, perdue aux tirs au but face au Brésil de Parreira et Zagallo. Trente ans plus tard, le technicien italien revient à la tête de cette même nation, avec la mission de la ramener au sommet.

 

Tout juste arrivé, Ancelotti impose déjà sa méthode. La 𝐒𝐞𝐥𝐞𝐜̧𝐚̃𝐨 paraît plus ordonnée, plus patiente, sans perdre son âme. L’Italien ne cherche pas à la transformer, mais à lui offrir le cadre nécessaire pour s’épanouir. Avec Vinícius Jr, Rodrygo et Estevão, héritiers de la ginga, il dispose de talents capables de rallumer la flamme. L’ultime métamorphose du football brésilien pourrait bien être cette réconciliation entre la rigueur européenne et la grâce sud-américaine.

 

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